éléphants à Ruaha

Safari : guides naturalistes

Guides naturalistes safari

Voir, c'est bien, bien photographier, c'est parfois mieux. Mais reconnaître ce que l'on a vu et/ou photographié, c'est toujours mieux ! D'ailleurs, selon la citation, peut-être apocryphe mais bien venue, de Camus " Mal nommer un objet, c'est ajouter au  malheur de ce monde". Que ce soit sur place avec l'aide du guide, du chauffeur, du spotter, ou en cherchant sur un guide de terrain ou bien une fois rentré en compulsant un guide de terrain ou un ouvrage de référence, en interrogeant un ami, un correspondant, ma blonde, n'ajoutons aucun malheur à un monde qui n'en a vraiment pas besoin...

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Safari : beaux livres photo

Ceci n'est qu'une sélection, avec des oublis involontaires, ou de superbes livres passés sous silence parce qu'ils ne sont pas aussi "tanzaniens" ou "animaliers" (comme les bouquins de Michael Poliza). Il en existe bien d'autres, des beaux livres, notre bibliothèque en déborde ! Et d'un peu moins beaux, certes. Mais tous apportent leur moment de plaisir, d'évasion, d'admiration devant la beauté de la Nature...

SAVANE DENIS_HUOT SAFARI KENYAbeaux livres de safaris photos africains

Les beaux livres illustrés de belles photos de beaux animaux sont un de mes plaisirs, de collectionneur certes un peu, mais surtout de rêveur. Feuilleter ces pages aux chaudes couleurs (j'apprécie aussi les boeufs musqués dans la toundra, hein, Vincent Munier me pardonne !), c'est me projeter dans des lieux que je ne connais pas encore, même pour beaucoup ne connaîtrai jamais, ou retrouver tel ou tel coin de savane, de bush, de forêt miambo, de lac... 

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Dans les parcs et réserves

Katavi NP

katavi national park tanzanieKatavi

Katavi est le troisième parc de Tanzanie en superficie avec 4471 km², derrière Ruaha et le Serengeti, mais son écosystème est aussi grand que celui du Serengeti avec plus de 20 000 km2 en y incluant la Rukwa Game Reserve, la Luafi Game Reserve, etc. Mais la plus grande différence, c'est que Katavi reçoit moins de visiteurs en un an que le Serengeti en un jour ! Katavi est le secret le mieux gardé du monde du safari, dit-on...

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Mikumi NP

Mikumi NP Tanzanie

Mikumi

Avec 3230 km², Mikumi, érigé en parc national en 1964 est le cinquième parc de Tanzanie en taille, juste un peu moins grand que Mkomazi. Il est adjacent au sud et à l'est à la partie de la réserve du Selous interdite à la chasse. Situé à moins de 300 km et moins de quatre heures de route de Dar Es Salam, Mikumi NP est le plus fréquenté des parcs du sud tanzanien.

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Serengeti NP

SERENGETI NATIONAL PARK TANZANIE

Serengeti

Le Serengeti est depuis 1981 l'un des sites naturels tanzaniens qui ont eu l'honneur d'être classés au Patrimoine mondial de l'Unesco avec la Ngorongoro C.A., le Kilimanjaro N.P. et le Selous G.R. C'est le parc "obligatoire" de la Tanzanie du Nord. S'il n'y en avait qu'un seul d'obligatoire, ce dont je doute, car pour moi, à des degrés divers, ils le sont tous ! Le Serengeti, c'est Mara en 10 fois plus grand, 15 000 km2 contre 1500, en plus varié en paysages, et, forcément, en moins dense en faune, encore que...

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Selous GR

Selous Game Reserve

Plus grand que la Suisse avec 54 600 km², deux fois plus grand que le Danemark, le Selous Game Reserve, la Réserve de gibier du Selous (je préfèrerais le terme de Réserve de faune du Selous mais c'est souvent traduit en français par Réserve de chasse du Selous...) doit son nom à Frederick Courteney Selous (31.12.1851-04.01.1917), chasseur et guide réputé, héros britannique tué au Tanganyika pendant la Grande Guerre.

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Ngorongoro Conservation Area et cratère

Cratere du ngorongoro tanzanieNgorongoro

Quand on parle du Ngorongoro, c'est généralement au cratère que l'on pense. Le cratère du Ngorongoro est le diamant ou plutôt l'émeraude de la Tanzanie. Avec plus de 400 000 visiteurs par an, c'est la première des trois destinations touristiques naturelles les plus fréquentées du pays, les deux autres étant le Serengeti et le Kilimandjaro. Il est le point culminant (si j'ose dire...) de l'Aire de conservation du Ngorongoro, Ngorongoro Conservation Area.

Présentation de l'aire de conservation du Ngorongoro (Ngorongoro Conservation Area)

L'aire de conservation du Ngorongoro, NCA, couvre 8292 km2 (ou 8288, c'est selon...) et le cratère 304 km2 . Les points d'intérêt, autres que le cratère, les plus fréquentés, sont les gorges d'Olduvai et la région de Ndutu. La NCA est partie prenante des 30 000 kmde l'écosystème du Serengeti.

L'aire de conservation du Ngorongoro a son joyau, le cratère, classé au Patrimoine mondial de l'Unesco depuis 1979 (et non 1978 comme indiqué par l'ambassade de Tanzanie).

Carte de l'Aire de conservation du Ngorongoro (NCA)

Incorporée auparavant au Serengeti, la N.C.A. a été créée en 1959 pour préserver à la fois la faune sauvage (et la flore) et - en principe... - les intérêts des autochtones dont toutes les activités et même la présence sont habituellement interdites dans les parcs nationaux. Des conflits étaient nés de ce fait entre l'administration des parcs et les Masaïs qui n'acceptaient pas d'être exclus de leurs territoires traditionnels de transhumance et d'habitation. La "Ngorongoro Conservation Area Ordinance" de 1975 indique que les objectifs de l'aire de conservation sont les suivants : conservation et développement des ressources naturelles de l'aire, promotion du tourisme et sauvegarde et promotion des intérêts des Masaïs. L'agriculture a été interdite en 1976 comme non compatible avec la protection de la faune sauvage. Les accords rendent environ les trois quarts de la superficie totale accessibles aux Masaïs et à leurs grands troupeaux de bovins et moutons. Ils ont même le droit d'abreuver pendant la journée leurs troupeaux dans le cratère, mais ne doivent (théoriquement) pas les y faire pâturer.

La zone de conservation comprend au nord-est une chaîne volcanique dont le cratère bien connu du Ngorongoro, mais aussi, à plus de 3000 m d'altitude, les cratères d'Olmoti et d'Empakai et le volcan sacré des Masaïs, Ol Doinyo Lengai. Les hauteurs sont couvertes d'une forêt humide d'altitude, le nord-ouest du parc vers Ndutu est constitué d'une savane semblable à celle du Serengeti. La NCA fait d'ailleurs partie intégrante de l'écosystème du Sernegeti. 

NCA 1cliquer sur l'image pour l'agrandir

Les gorges d'Olduvai et Laetoli ont livré des fossiles d'hominidés et de préhominiens, elles ont été fouillées par Louis Leakey et sa femme Mary. Le musée sur place est à visiter, bien qu'assez pauvre (il ne renferme que des copies, les originaux sont au musée de Dar), mais la buvette à côté est abondamment fréquentée par la gent ailée des passereaux et autres estrildidés et vaudrait le détour à elle seule si le panorama offert par la gorge d'Olduvai ne le valait pas déjà à lui seul... Pour autant, nous ne conseillons pas de consacrer plus d'une heure à la visite, contrairement à ce que proposent de nombreuses agences, peut-être, qui sait, désireuses d'économiser carburant et voiture.

On a vu que les Masaïs ont conservé un droit de pacage pour leurs troupeaux dans la zone, sauf dans le cratère, où ils gardent seulement le droit d'abreuver leurs troupeaux pendant la journée. Bon, il est évident qu'un petit coup de dent sur un brin d'herbe bien appétissant, ça peut arriver, mais les rangers veillent sans trop d'aménité à ce que cela ne dégénère (?) pas en véritable pacage, il y a pour cela beaucoup moins de laxisme que chez le grand voisin du nord, mais ici les rangers ne sont généralement pas Masais, ceici peut expliquer cela... On entend donc le matin, de l'hôtel Serena, les bêtes descendre au son de leurs sonnailles, ce qui ferait très suisse si elles n'étaient accompagnées des sifflements et des chants des petits pâtres Masaïs. 

Cratère du NgorongoroCratère du Ngorongoro

photos du cratère prises à l'emplacement de la tombe-monument érigé au bord du cratère en hommage au Docteur Bernhard Grzimek  et à son fils Michael

Les Grzimek

Bernhard et Michael Grzimek sont des figures marquantes du Sernegeti et du Ngorongoro. Le père, le DBernhard Grzimek (1909-1987), était un confrère vétérinaire allemand qui fut le directeur du zoo de Francfort (Zoolozische Gesellschaft Frankfurt) et qui eut en Allemagne une émission télévisée animalière à succès, c'était une sorte de Cousteau, en plus scientifique cependant. Le 10 janvier 1959 Michael, son second fils, est mort à 24 ans aux commandes de son avion de brousse, heurté par un vautour. Le DGrzimek est considéré comme le sauveur du Serengeti, car il a réalisé avec son fils un film documentaire, " Le Serengeti ne doit pas mourir " (Serengeti darf nicht sterben) qui a obtenu l'Oscar du film documentaire en 1960 et qui a contribué à une prise de conscience internationale de l'importance de la préservation de cet écosystème africain unique au monde.

affiche du film Der Serengeti darf nicht sterbenNgorongoro monument au Dr Grzimek
L'affiche du film, avec le portrait des deux Grzimek et l'avion du fis en arrière-planTombe de Michael Grzimek, avec l'inscription " He gave all he possessed including his life for the wild animals of Africa "

Zoo or not zoo, that is the question ?

On a parfois comparé le cratère du Ngorongoro à un gigantesque parc animalier, voire à un zoo, ce qui est très injuste. Et ni très malin, ni très pertinent. Quels zoos, quels parcs couvrent près de 30 000 hectares, sans cages, sans barrières autres que celles naturelles que sont les bords du cratère, sans nourrissage ? La densité animale est certes des plus élevées au monde mais la variété des espèces est bien supérieure à celle de n'importe quel parc, zoo ou assimilé. 

Quand visiter ?

Il pleut de novembre à mai, comme dans tout le nord de la Tanzanie, avec une petite accalmie souvent en janvier-février, mais le Ngorongoro reste visitable en toute saison, les pluies sont importantes en précipitations, mais généralement courtes, seul est rendu difficile l'accès à certains endroits, notamment les bords du lac Magadi avec ses flamants nains et ses flamants roses. Une journée entière, en fait deux demi-journées sont conseillées par votre serviteur, pas par ma blonde un peu rebutée par une fréquentation qu'elle trouve par moments (et surtout par endroits) excessive. La faune du cratère est sédentaire et donc constante toute l'année, excepté, of course, ceux des oiseaux migrateurs qui ne sont présents qu'en hiver. La fréquentation est un peu moindre en avril-mai, du fait de la moindre densité de touristes en saison des pluies, alors que la flore du cratère est la plus belle. Elle est maximale en juillet-août. Le cratère reçoit 450 000 visiteurs par an !

Formalités, droits d'entrée

Véhicule 4x4 obligatoire (donc pas de minibus non 4x4) pour descendre dans le cratère, interdiction stricte de quitter les pistes (rangers omniprésents), quitter obligatoirement le cratère avant 18 heures. L'accompagnement par un guide autorisé est également obligatoire, en théorie du moins. De nombreuses pistes sont réservées aux rangers (ou aux VIP qu'ils guident), notamment celles qui permettraient d'approcher au mieux les rhinocéros noirs... Les droits d'entrée ("fees") dans le cratère du Ngorongoro ont été fortement augmentés pour les véhicules, ils sont passés de 25 à 100 US$ en 2006 puis à 150 $ (4x4 "commerciaux" ou étrangers de plus de 2000 kg)afin d'inciter les touristes (les tours opérateurs en fait) à se regrouper, officiellement pour limiter ainsi les dégradations causées par les véhicules. Les non tanzaniens doivent payer en plus 50 $ US par personne (10 $ de 5 à 16 ans et gratuité en dessous de 5 ans). La visite du cratère est (théoriquement) limitée à une demi-journée de six heures. Il faut se rappeler que le cratère accueille en huit jours plus de visiteurs que le Selous en un an !

Tableau complet des "Fees" 2013


Que voir ? Nos conseils

La densité et la diversité de la vie animale sont d'autant mieux ressenties que la faune du cratère est la moins farouche de Tanzanie, habituée qu'elle est dès son plus jeune âge au ballet continu des 4x4. On retrouve donc des conditions d'observation analogues à celle du Kenya.

La densité de la faune de mammifères grands et moyens est unique au monde, plus de 100 au km², en tout 30 000 têtes réparties en 55 espèces pour 270 km². Près de la moitié de cette faune est constituée de gnous (7000) et de zèbres (4000), qui ne participent pas à la grande migration des gnous contrairement à leurs congénères hors cratère. On trouve aussi d'autres herbivores (ou phyllophages selon affinités) : élands du Cap (3000), buffles (4000), évidemment antilopes de Grant et de Thomson, bubales, dik-diks. Leur présence est synonyme de bombance pour une foule de prédateurs, lions, léopards, guépards, hyènes, chacals sont présents. Nous n'oublierons pas les otocyons qui sont plus visibles dans la journée que d'autres insectivores ou omnivores nocturnes comme le ratel, le protèle. Une trentaine d'éléphants sont présents dans le cratère, ce sont tous des mâles adultes. Il n'y a pas d'impalas ni de girafes dans le cratère.

Les oiseaux sont aussi présents à longueur d'année. Flamants nains et Flamants roses sur le lac Magadi, cigognes, hérons divers, spatules et pélicans dans les points d'eau comme l'Hippo Pool, guêpiers, rolliers, alouettes, sur les buissons et arbustes. Les rapaces et les charognards comme vautours et marabouts sont représentés en nombre, prédateurs obligent.

Premier conseil :

Choisir le matin plutôt que l'après-midi si l'on n'a droit qu'à une demi-journée et être en ce cas très matinal, se présenter au poste de contrôle dès l'ouverture à 6 H 30. Pour les très matinaux, il est pratiquement toujours possible de voir les hippos qui reviennent de leurs pérégrinations nocturnes terrestres et nourricières et qui se jettent délicatement à l'eau pour y passer agréablement les heures chaudes. La brume peut gâcher un peu le paysage, elle est plus fréquente en été mais peut être là aussi en hiver, la nature est imprévisible (et l'Afrique encore plus, dirait mon ami Alain, alias Puma).

C'est aussi de bon matin que l'on aura le plus de chance de voir les repas de chasse (moins arrosés que chez nous) de lions ou comme ci-dessous de hyènes. 

Et la fréquentation les deux premières heures bénéficie de l'absence des lève-tard que sont souvent nos amis américains un peu âgés ou blasés. Et aussi de l'absence de ceux qui ne sont pas logés au bord du cratère près des deux routes de descente, Seneto à l'ouest, côté Serena, Crater Lodge ou Lemala à l'est, côté Sopa. A noter que Seneto est à sens unique, la remontée côté Serena se fait par une autre piste, Lerai, également à sens unique (théoriquement ! Prudent, le site du NC conseille "beware of occasional descending vehicles"). Lemala est à double sens, la descente par Lemala est un peu plus longue.

Autre conseil :

Si, comme nous, les concentrations de véhicules vous indisposent, même si elles peuvent être le signe de grands félins, léopard, lions ou guépards (il y a des guépards dans le Ngorongoro, n'en déplaise au Petit Futé, page 187 de l'édition 2000), chercher la tranquillité sur le plateau (« la table ronde ») au Nord-Ouest, nous y avons été seuls à profiter de la vue (volontairement d'assez loin) d'une famille de guépards, les contreforts nord sont souvent moins fréquentés par les bipèdes s'ils sont riches en élands, buffles, lions, zèbres et gnous, pour ne pas parler des oiseaux tous plus intéressants les uns que les autres (guêpiers, ombrettes, alouettes, rapaces, cigognes diverses).

Je rappelle que les éléphants que l'on voit (facilement) dans le cratère sont exclusivement des mâles adultes, les femelles et les jeunes ne seraient pas assez costauds pour franchir l'obstacle des parois abruptes (on se rappelle qu'il y a plus de 600 m de dénivelée). On les voit généralement d'assez loin.

Faune à voir

Les lions ont déjà été atteints par la maladie de Carré, on vaccinerait maintenant les chiens de troupeaux des Masaï pour éviter qu'ils contaminent le roi des animaux... Ils sont actuellement assez nombreux, une soixantaine, pour faire partie du tableau de chasse normal du safariste ngorongoronien. Guépards et léopards sont plus difficilement observables, il y faut un peu de chance. Enfin, pour voir un serval dans de bonnes conditions, il faut beaucoup de chance, leur biotope dans les hautes herbes les rend très durs à bien voir (nous en avons vu quatre la même journée, mais une seule fois en 6 visites du cratère). Un passage à Hippo Pool est un must, c'est là que nous avons vu de plus près un serval, et aussi les hippopotames sont accompagnés d'une faune avicole aquatique très riche. Nous y avons aussi vu un éléphant qui venait s'abreuver, un serval en chasse, des grues couronnées.

Le Ngorongoro est le dernier endroit de Tanzanie où l'on est assuré de voir des rhinocéros noirs (Diceros bicornis), malheureusement parfois d'assez loin, d'autant que leurs endroits de prédilection sont de plus en plus protégés, ces grands timides ont en effet besoin de calme et de sérénité pour assurer la perpétuation de l'espèce et, sauf coup de chance, leur observation de près est réservée aux VIP en Lexus, et 4x4 Mercedes ou autres BMW escortées des plus rustiques Toyota des rangers... Ils étaient 26 en 2010, étroitement surveillés pour les protéger de l'avidité des braconniers qui les tuent pour vendre leurs cornes. Elles se vendent au prix de l'or et même plus cher encore. Elles servent de base à des préparations prétendument aphrodisiaques dans la médecine traditionnelle chinoise. Prétendument, car elles ne sont constituées que de kératine, la protéine des poils, cheveux, griffes et ongles. Les cornes ont aussi été utilisées pour la fabrication des manches de poignard des riches yéménites. 

Où loger ?

Il n'y a évidemment aucun lodge, hôtel ou camping dans le cratère du Ngorongoro. Les lodges sont situés sur les rebords de celui-ci, donc en altitude, vers 2600 m, d'où des nuits fraîches et des feux dans la cheminée même en plein été austral (= janvier-février-mars). Une petite laine peut être la bienvenue...

Côté ouest, le Crater Lodge est, paraît-il, une expérience inoubliable et à ne pas manquer. Une citation du voyagiste Vie sauvage :

Chaque chambre est construite sous forme de case africaine sur pilotis avec vue sur le cratère. Le décor y est sublime et est un mélange réussi d'art baroque et d'art traditionnel africain : lustres en cristal, lourdes portes sculptées de style zanzibarite, superbe baignoire, et bouquets de roses.

ngoro vue

Cratère du Ngorongoro, vue du Crater Lodge

Pour ceux du moins que l'altitude du lodge (2375 m) et de ses tarifs (320 à 740 U $ par nuit et par personne) n'effraie pas. Nous n'en sommes pas et avons donc été privés des fameuses salles de bains avec vue sur le cratère et de son emplacement imprenable, le meilleur sur le cratère, ce qui est bien la moindre des choses au vu de son nom ! Sans doute le lodge le plus luxueux de toute la Tanzanie, voire de toute l'Afrique de l'Est !

Nous avons logé au Ngorongoro Serena Lodge (une dizaine de nuits sur plusieurs années), situé à l'ouest du cratère, et en 2004 au Ngorongoro Sopa Lodge (2 nuits seulement) à l'est du cratère, sur la Lemaha Hill.

Ce sont des lodges de même standing bien plus abordables (quand même 150 à 200 US $ environ par nuit et par personne), nous avons préféré les luxueux bungalows du Sopa aux chambres du Serena, situées chaque année plus loin si possible au bout de coursives interminables. Certaines chambres du Serena ont de plus leur vue gâchée par la végétation, il vaut mieux choisir les chambres des étages du haut et pas trop au bout. Les deux lodges ont des boutiques bien achalandées pour souvenirs et livres mais aussi piles, lotions solaires, savon et autres impedimenta.

La route de descente du Sopa, à l'Est du cratère, Lemala Road, est plus longue mais elle est agréable, elle est située dans la forêt, elle sert aussi de route de remontée. La route de descente à partir du Serena, à l'ouest, la Seneto Descent Road, est très abrupte et spectaculaire, elle part de 2286 m d'altitude pour atteindre le fond du cratère 6 à 700 m plus bas. Il n'existe à l'ouest qu'une seule route de remontée, la « Lerai Descent », étroite, nous l'avons déjà parcourue un moment derrière un Monsieur éléphant qui ne se pressait pas trop...

Le cratère du Ngorongoro

Le premier explorateur européen du cratère fut un Autrichien en 1892. Comme son voisin le Serengeti, le cratère a fait l'objet à la fin des années 50 de toute la sollicitude du Dr Bernhardt Grzimek (se prononce Gimek), un vétérinaire allemand auteur du livre célèbre « Le Serengeti ne doit pas mourir », et de l'oscarisé documentaire du même nom. C'est lui qui a ouvert les yeux de l'opinion et des responsables et a conduit à la création du parc national du Serengeti et de l'aire de conservation du Ngorongoro, avec comme préalable la restriction drastique des déplacements et des droits des Masaïs

Le diamètre du cratère est de 16 à 19 km, sa surface de 264 km², son altitude de 1600 m au fond et de plus de 2200 m sur les bords.

Ngorongoro cratère 0558

 

Le point de vue de l'ambassade

Le Ngorongoro ne se résume pas au seul cratère. Le « Ngorongoro Conservation Area » est une réserve de 8 288 km2 embrassant les collines volcaniques entre les lacs Natron, Eyasi et Manyara, et s'étend au nord incluant une partie des plaines à l'est du Serengeti. Ce vaste ensemble ne porte pas le nom de parc national, car à la différence de leurs voisins, ici les Masaï sont autorisés à vivre en toute liberté.
Le cratère, ou plus exactement la caldeira, qui fait 20 km de diamètre est le second plus grand cratère du monde. La concentration d'animaux 'prisonniers' dans cette forteresse naturelle, donne une impression de paradis terrestre retrouvé.

Les rhinocéros, les lions (très nombreux), les éléphants, les buffles, les antilopes de toutes sortes... contribuent à rendre inoubliable une journée passée dans ce site. Meilleure période : toute l'année - pluies en avril (à partir d'Arusha, compter 4 heures de route ou 1 heure de vol en avion de tourisme. De Manyara, compter 2 heures de route).


 

Lion du Ngorongoro

Cliquer sur la carte de gauche pour l'agrandir

Nous avons effectué 5 safaris d'une journée entière (c'était avant la restriction -théorique ?- à 6 heures) dans le cratère du Ngorongoro. Nous n'avons jamais été déçus ou lassés de sillonner ce petit territoire (petit à l'échelle tanzanienne, of course) de seulement (sic) 270 km². Chaque visite a été extraordinaire, unique, inoubliable mais l'un de ces safaris a été plus extraordinaire, unique et inoubliable.

C'est ce safari du 6 février 2004 que je vais vous raconter, même si je sais bien que mes piètres efforts ne suffiront pas à transmettre la joie, le ravissement qui nous ont accompagnés toute la journée (à une demi-heure près, cf. infra). Kwaheri, Ngorongoro!

serena ngorongoro petit déjeuner
 Vendredi 6 février 2004
 

Lever à 6 heures, soleil un peu voilé. Petit déjeuner du Ngorongoro Serena Lodge excellent (avec ananas, crêpes et œufs au bacon !), comme toujours en Tanzanie. Un vrai régal pour les gourmands et toujours une qualité diététique (à condition de ne pas abuser des piments, mon péché gourmand) et hygiénique parfaite, la pharmacie digestive restera comme à chaque fois inutilisée...

Troupeau moutons au  ngorongoro
Nous enfourchons (si j'ose dire...) le Land cruiser Toyota et la route de descente. Nous sommes salués par l'alouette matinale et après quelques arrêts pour photographier un troupeau, le lever de soleil et différents oiseaux (un Montagu’s Harrier, un traquet, Anteater Chat) et un chacal doré nous atteignons une première piscine à hippo, flamants nains (et quelques roses) et autres zèbres, le bord du lac Magadi (ou Makat), lac alcalin près du centre du cratère, au sud-ouest.

Nous rencontrons une gazelle pas encore très bien réveillée. Un jeune zèbre broute son petit déjeuner dans le soleil levant. Nous sommes des (presque) habitués de l’endroit, c’est notre troisième visite du cratère, toujours guidé par Ally Mtumwa. Ally est non seulement le meilleur des chauffeurs-guides mais un ami comme l’on en compte peu. Et patatras ! Ally est appelé par radio : l’hôtel a reçu un e-mail, on ne peut nous le lire car il est en français, on l’envoie donc avec une voiture de touristes qui descend dans le cratère. Nous attendons donc une heure en ruminant de sombres pressentiments, incendie, maladie, voire pire ! Nous photographions les flamants nains, certes plus roses qu’à Ndutu mais sans grande conviction. La voiture du Serena arrive enfin, chargée de japonais et de notre message que le chauffeur nous remet. Ouf, trois fois ouf, c’est un mail de ma belle-mère pour nous annoncer que tout va bien et nous souhaiter une très bonne continuation, genre IL EST DEUX HEURES DU MATIN, DORMEZ EN PAIX, BRAVES GENS ! 
Nous apprendrons plus tard qu’il avait été posté la veille pour nous attendre à notre arrivée mais que pour d’obscures raisons de secrétariat, le courrier électronique n’avait été relevé qu’aujourd’hui au petit matin, mais quand même après notre départ dans le cratère, la scoumoune, quoi ! Ou un traitement de l’information à la mode de Tanzanie genre akuna matata, "ça ne fait rien" ! Ouf, ouf, ouf, allons à l’Hippo Pool mais ça sera trop tard pour voir les hippos se mettre à l’eau (ce sera pour un autre jour).

En chemin, rencontre avec un bubale de Coke, un curieux qui se retourne pour nous zieuter... Nous avons été dépassés par des minibus (4x4) de japonais qui s’étaient pourtant arrêtés longuement pour filmer un village masaï au bord du cratère. On renonce à l’Hippo Pool ? Non, les 4x4 présents ne restent pas longtemps, l’hippo ne fait pas partie du glorieux big five étiqueté pur beurre (lion, éléphant, buffle, rhinocéros, léopard) ni même de mon big five photo à moi que j’ai (les mêmes avec le guépard à la place du buffle et les oiseaux en plus ! ça fait six ? quand on aime, on ne compte pas et en plus je suis nul en anglais, alors !).

On s’installe tout au bord de la piscine hippopotamière, à Mandusi Swamp, et nous bénéficions du spectacle charmant de ces charmantes petites bêtes qui se roulent de bonheur, montrant leur joli petit ventre rose.

Avec parfois aussi des querelles courtes, mais violentes. C'est qu'il s’agit de faire respecter son territoire, surtout si l’on est une dame hippo accompagnée de son petit ! Par le toit ouvrant et par la fenêtre, les shoots se multiplient, vive le numérique (notre consommation moyenne était de 5 pellicules 36 poses par jour en argentique, et encore, je devrais dire ma consommation, car ma blonde ne prenait que des photos d’ambiance et de paysage avec son petit bijou de Leica Minilux). Il faut dire que l’endroit s’y prête, jugez-en : ibis, aigrettes, Hérons cendrés, un Héron mélanocéphale, des cigognes tantales, un pélican, deux jacanas , nous y avons déjà vu et y verrons des martins-pêcheurs (malachite). Pas de raton-laveur, mais qui sait pour une prochaine fois, inch'Allah...

Mais un éléphant s’approche au trot, il franchit des ruisseaux pour finalement aller se poster au bord d’une mare, il s’abreuve à grands coups de trompe, pour s’équilibrer et ne pas être entraîné vers l’eau, ou par délicatesse, l’équivalent du petit doigt en l’air, il soulève une patte arrière…Demi-tour : un serval ! le félin s’avance dans les herbes, il se dirige innocemment (en sifflotant ?) vers une grue couronnée, il la dépasse sans essayer de l’attaquer… Repu ? Trop grosse ? Trop loin ? Nous en verrons deux autres dans la journée, mais de beaucoup plus loin. Nous en avons vu un à Amboseli la même année, ce sera l'année des servals ! Nous quittons presque à regret la baignoire des mastodontes. Le temps s'est mis au grand beau

. 

Nous voyons un rhinocéros dans le lointain, puis bien plus près des lions, un mâle et deux femelles avec deux lionceaux. Nous photographions aussi une sentinelle à gorge rose, Rosy- breasted Longclaw. Ally veut nous conduire sur la "Table ronde" (Round Table ou Engitati Hill), un plateau au nord du cratère. Nous voyons un deuxième serval pendant la montée...
Sur la table ronde, nous avons rendez-vous avec une mère et ses quatre petits, spectacle à nous seuls réservé ! Nous les observons volontairement d'assez loin pendant (presque) une heure, sans être dérangés par quiconque. En redescendant, le troisième serval de la matinée ! Ally n'avait jamais vu 3 servals en un seul jour ! 

ibis aigrettes


En descendant de la "Table ronde", nous repérons le troisième serval de la journée ! Au tour d'une belle outarde, l'Outarde à ventre noir, Eupodotis melanogaster (Black-bellied Bustard). Nous repérons ensuite deux avocettes. Nous entrons dans la forêt de Lerai. C'est une forêt où domine l'arbre à fièvre, Acacia xanthophlea (Fever-tree ou Yellow-barked Acacia) facilement reconnaissable à son tronc jaune. Sa présence signale celle de moustiques transmetteurs de différentes maladies, dont le paludisme, principal fléau de l'Afrique avec le SIDA. Nous croisons d'abord un insolite rassemblement d'espèces : un cobe à croissant mâle, noblement couché tête levée et cornes en valeur, sa femelle couchée à l'ombre, un aréopage simiesque (des babouins) et un guib harnaché (une dame bushbuck, sans corne) en train de brouter sans peur près de nos cousins (les babouins ne dédaignent pas la chair fraîche et sont capables de tuer un herbivore pas trop gros, surtout s'il est jeune ou/et affaibli). Plus loin nous rencontrons une petite bande de vervets perchés.

Outarde

Nous nous arrêtons dans la forêt de Lerai pour pique-niquer. Dans le cratère du Ngorongoro, seuls deux endroits sont aménagés en aire de pique-nique avec point d'eau et toilettes (apporter son papier peut être souhaitable), l'un dans la forêt avec des singes qui ne rêvent que de voler votre nourriture, l'autre au bord d'un petit lac avec des milans qui ne rêvent que de voler votre nourriture. Il est interdit de descendre de voiture en tout autre lieu, comme dans la plupart des parcs de Tanzanie.

Les vervets sont très peu timides et mendient effrontément quand ils n'essaient pas de se servir eux-mêmes ! Comme pour tous les animaux dans les parcs et réserves il est interdit de les nourrir. Dans leur cas, c'est d'ailleurs dangereux, car ils peuvent mordre et le risque de contamination par le virus de la rage n'est pas exclu en cas de morsure.

Ally, prévoyant, a chargé table et chaises pliantes, et n'a surtout pas oublié le thermos de café, en fait d'eau très chaude, nous y rajouterons l'excellent café instantané tanzanien pour siroter notre drogue préférée. Le pique-nique du Seronera est plutôt entre médiocre et passable comme le sont le plus souvent les pique-niques des lodges, d'après notre expérience, seuls les pique-niques des camps sont de qualité entre très acceptable et excellente. Même médiocre, notre repas attire la convoitise de nos cousins simiens ! Ils sont moins voleurs que les milans qui dérobent dans les mains des touristes imprudents sandwiches et biscuits, au risque de les blesser. Seule parade contre les milans, manger ou dans la voiture, ou à l'abri de la portière ouverte, ce qui décourage leurs vols (ô combien) en piqué (ô combien). Pour les vervets, il suffit de ne pas laisser la nourriture sans surveillance et de gronder les plus hardis, une sinécure ! c'est vrai qu'il est dur de résister, ils sont tellement mignons ! Disons qu'au moment de jeter les déchets, un morceau de gâteau sera malencontreusement tombé à terre, et glissons.

En sortant de la forêt, nous rencontrons un grand mâle solitaire aux défenses impressionnantes. Le cratère ne reçoit que des mâles, pas de dames Babar ni de totos (enfants, jeunes en swahili) éléphants, les pentes sont trop rudes pour eux et le territoire (270 malheureux km² !) est d'ailleurs trop limité pour bien nourrir la famille matriarcale de dix à vingt trompes qui est la règle chez nos pachydermes préférés.

éléphant au Ngorongoro

Pour atteindre la remontée, nous passons par la forêt de Lerai et ses arbres à fièvre à l'écorce bien jaune.