éléphants à Ruaha

Que voir ? Nos conseils

La densité et la diversité de la vie animale sont d'autant mieux ressenties que la faune du cratère est la moins farouche de Tanzanie, habituée qu'elle est dès son plus jeune âge au ballet continu des 4x4. On retrouve donc des conditions d'observation analogues à celle du Kenya.

La densité de la faune de mammifères grands et moyens est unique au monde, plus de 100 au km², en tout 30 000 têtes réparties en 55 espèces pour 270 km². Près de la moitié de cette faune est constituée de gnous (7000) et de zèbres (4000), qui ne participent pas à la grande migration des gnous contrairement à leurs congénères hors cratère. On trouve aussi d'autres herbivores (ou phyllophages selon affinités) : élands du Cap (3000), buffles (4000), évidemment antilopes de Grant et de Thomson, bubales, dik-diks. Leur présence est synonyme de bombance pour une foule de prédateurs, lions, léopards, guépards, hyènes, chacals sont présents. Nous n'oublierons pas les otocyons qui sont plus visibles dans la journée que d'autres insectivores ou omnivores nocturnes comme le ratel, le protèle. Une trentaine d'éléphants sont présents dans le cratère, ce sont tous des mâles adultes. Il n'y a pas d'impalas ni de girafes dans le cratère.

Les oiseaux sont aussi présents à longueur d'année. Flamants nains et Flamants roses sur le lac Magadi, cigognes, hérons divers, spatules et pélicans dans les points d'eau comme l'Hippo Pool, guêpiers, rolliers, alouettes, sur les buissons et arbustes. Les rapaces et les charognards comme vautours et marabouts sont représentés en nombre, prédateurs obligent.

Premier conseil :

Choisir le matin plutôt que l'après-midi si l'on n'a droit qu'à une demi-journée et être en ce cas très matinal, se présenter au poste de contrôle dès l'ouverture à 6 H 30. Pour les très matinaux, il est pratiquement toujours possible de voir les hippos qui reviennent de leurs pérégrinations nocturnes terrestres et nourricières et qui se jettent délicatement à l'eau pour y passer agréablement les heures chaudes. La brume peut gâcher un peu le paysage, elle est plus fréquente en été mais peut être là aussi en hiver, la nature est imprévisible (et l'Afrique encore plus, dirait mon ami Alain, alias Puma).

C'est aussi de bon matin que l'on aura le plus de chance de voir les repas de chasse (moins arrosés que chez nous) de lions ou comme ci-dessous de hyènes. 

Et la fréquentation les deux premières heures bénéficie de l'absence des lève-tard que sont souvent nos amis américains un peu âgés ou blasés. Et aussi de l'absence de ceux qui ne sont pas logés au bord du cratère près des deux routes de descente, Seneto à l'ouest, côté Serena, Crater Lodge ou Lemala à l'est, côté Sopa. A noter que Seneto est à sens unique, la remontée côté Serena se fait par une autre piste, Lerai, également à sens unique (théoriquement ! Prudent, le site du NC conseille "beware of occasional descending vehicles"). Lemala est à double sens, la descente par Lemala est un peu plus longue.

Autre conseil :

Si, comme nous, les concentrations de véhicules vous indisposent, même si elles peuvent être le signe de grands félins, léopard, lions ou guépards (il y a des guépards dans le Ngorongoro, n'en déplaise au Petit Futé, page 187 de l'édition 2000), chercher la tranquillité sur le plateau (« la table ronde ») au Nord-Ouest, nous y avons été seuls à profiter de la vue (volontairement d'assez loin) d'une famille de guépards, les contreforts nord sont souvent moins fréquentés par les bipèdes s'ils sont riches en élands, buffles, lions, zèbres et gnous, pour ne pas parler des oiseaux tous plus intéressants les uns que les autres (guêpiers, ombrettes, alouettes, rapaces, cigognes diverses).

Je rappelle que les éléphants que l'on voit (facilement) dans le cratère sont exclusivement des mâles adultes, les femelles et les jeunes ne seraient pas assez costauds pour franchir l'obstacle des parois abruptes (on se rappelle qu'il y a plus de 600 m de dénivelée). On les voit généralement d'assez loin.

Faune à voir

Les lions ont déjà été atteints par la maladie de Carré, on vaccinerait maintenant les chiens de troupeaux des Masaï pour éviter qu'ils contaminent le roi des animaux... Ils sont actuellement assez nombreux, une soixantaine, pour faire partie du tableau de chasse normal du safariste ngorongoronien. Guépards et léopards sont plus difficilement observables, il y faut un peu de chance. Enfin, pour voir un serval dans de bonnes conditions, il faut beaucoup de chance, leur biotope dans les hautes herbes les rend très durs à bien voir (nous en avons vu quatre la même journée, mais une seule fois en 6 visites du cratère). Un passage à Hippo Pool est un must, c'est là que nous avons vu de plus près un serval, et aussi les hippopotames sont accompagnés d'une faune avicole aquatique très riche. Nous y avons aussi vu un éléphant qui venait s'abreuver, un serval en chasse, des grues couronnées.

Le Ngorongoro est le dernier endroit de Tanzanie où l'on est assuré de voir des rhinocéros noirs (Diceros bicornis), malheureusement parfois d'assez loin, d'autant que leurs endroits de prédilection sont de plus en plus protégés, ces grands timides ont en effet besoin de calme et de sérénité pour assurer la perpétuation de l'espèce et, sauf coup de chance, leur observation de près est réservée aux VIP en Lexus, et 4x4 Mercedes ou autres BMW escortées des plus rustiques Toyota des rangers... Ils étaient 26 en 2010, étroitement surveillés pour les protéger de l'avidité des braconniers qui les tuent pour vendre leurs cornes. Elles se vendent au prix de l'or et même plus cher encore. Elles servent de base à des préparations prétendument aphrodisiaques dans la médecine traditionnelle chinoise. Prétendument, car elles ne sont constituées que de kératine, la protéine des poils, cheveux, griffes et ongles. Les cornes ont aussi été utilisées pour la fabrication des manches de poignard des riches yéménites. 

Où loger ?

Il n'y a évidemment aucun lodge, hôtel ou camping dans le cratère du Ngorongoro. Les lodges sont situés sur les rebords de celui-ci, donc en altitude, vers 2600 m, d'où des nuits fraîches et des feux dans la cheminée même en plein été austral (= janvier-février-mars). Une petite laine peut être la bienvenue...

Côté ouest, le Crater Lodge est, paraît-il, une expérience inoubliable et à ne pas manquer. Une citation du voyagiste Vie sauvage :

Chaque chambre est construite sous forme de case africaine sur pilotis avec vue sur le cratère. Le décor y est sublime et est un mélange réussi d'art baroque et d'art traditionnel africain : lustres en cristal, lourdes portes sculptées de style zanzibarite, superbe baignoire, et bouquets de roses.

ngoro vue

Cratère du Ngorongoro, vue du Crater Lodge

Pour ceux du moins que l'altitude du lodge (2375 m) et de ses tarifs (320 à 740 U $ par nuit et par personne) n'effraie pas. Nous n'en sommes pas et avons donc été privés des fameuses salles de bains avec vue sur le cratère et de son emplacement imprenable, le meilleur sur le cratère, ce qui est bien la moindre des choses au vu de son nom ! Sans doute le lodge le plus luxueux de toute la Tanzanie, voire de toute l'Afrique de l'Est !

Nous avons logé au Ngorongoro Serena Lodge (une dizaine de nuits sur plusieurs années), situé à l'ouest du cratère, et en 2004 au Ngorongoro Sopa Lodge (2 nuits seulement) à l'est du cratère, sur la Lemaha Hill.

Ce sont des lodges de même standing bien plus abordables (quand même 150 à 200 US $ environ par nuit et par personne), nous avons préféré les luxueux bungalows du Sopa aux chambres du Serena, situées chaque année plus loin si possible au bout de coursives interminables. Certaines chambres du Serena ont de plus leur vue gâchée par la végétation, il vaut mieux choisir les chambres des étages du haut et pas trop au bout. Les deux lodges ont des boutiques bien achalandées pour souvenirs et livres mais aussi piles, lotions solaires, savon et autres impedimenta.

La route de descente du Sopa, à l'Est du cratère, Lemala Road, est plus longue mais elle est agréable, elle est située dans la forêt, elle sert aussi de route de remontée. La route de descente à partir du Serena, à l'ouest, la Seneto Descent Road, est très abrupte et spectaculaire, elle part de 2286 m d'altitude pour atteindre le fond du cratère 6 à 700 m plus bas. Il n'existe à l'ouest qu'une seule route de remontée, la « Lerai Descent », étroite, nous l'avons déjà parcourue un moment derrière un Monsieur éléphant qui ne se pressait pas trop...

Le cratère du Ngorongoro

Le premier explorateur européen du cratère fut un Autrichien en 1892. Comme son voisin le Serengeti, le cratère a fait l'objet à la fin des années 50 de toute la sollicitude du Dr Bernhardt Grzimek (se prononce Gimek), un vétérinaire allemand auteur du livre célèbre « Le Serengeti ne doit pas mourir », et de l'oscarisé documentaire du même nom. C'est lui qui a ouvert les yeux de l'opinion et des responsables et a conduit à la création du parc national du Serengeti et de l'aire de conservation du Ngorongoro, avec comme préalable la restriction drastique des déplacements et des droits des Masaïs

Le diamètre du cratère est de 16 à 19 km, sa surface de 264 km², son altitude de 1600 m au fond et de plus de 2200 m sur les bords.

Ngorongoro cratère 0558

 

Le point de vue de l'ambassade

Le Ngorongoro ne se résume pas au seul cratère. Le « Ngorongoro Conservation Area » est une réserve de 8 288 km2 embrassant les collines volcaniques entre les lacs Natron, Eyasi et Manyara, et s'étend au nord incluant une partie des plaines à l'est du Serengeti. Ce vaste ensemble ne porte pas le nom de parc national, car à la différence de leurs voisins, ici les Masaï sont autorisés à vivre en toute liberté.
Le cratère, ou plus exactement la caldeira, qui fait 20 km de diamètre est le second plus grand cratère du monde. La concentration d'animaux 'prisonniers' dans cette forteresse naturelle, donne une impression de paradis terrestre retrouvé.

Les rhinocéros, les lions (très nombreux), les éléphants, les buffles, les antilopes de toutes sortes... contribuent à rendre inoubliable une journée passée dans ce site. Meilleure période : toute l'année - pluies en avril (à partir d'Arusha, compter 4 heures de route ou 1 heure de vol en avion de tourisme. De Manyara, compter 2 heures de route).