éléphants à Ruaha

Quel boîtier ?

Un boîtier reflex à objectif interchangeable. Numérique ou argentique ? En 2005, le rapport de force s'inverse et pour un usage courant, familial, amateur non expert, le numérique a gagné la bataille malgré les atouts évidents de l'argentique (et la nostalgie bien compréhensible des "anciens").

Le plus rapide possible, ça bouge vite, ces bestioles parfois (mais ça peut rester aussi immobile longtemps). Un argentique ? C'est mieux pour la rapidité de mise en œuvre, la fiabilité et l'autonomie. Le film a eu au début du numérique des possibilités supérieures à celles des capteurs courants mais maintenant l'avantage est au numérique, que ce soit en sensibilité ou en définition. Une vitesse de motorisation élevée est toujours utile, et surtout une disponibilité constante, au début du numérique, le Canon EOS 300D m'a joué des tours avec son retard à la mise en service et sa cadence de 1 vue/seconde parfois très pénalisante, bien plus que sa cadence initiale de 3 vues/seconde. Mais, car il y a un mais, ces bestioles sont des pièges à pellicule, un numérique peut permettre des économies pour une pratique où il peut y avoir pas mal de déchet (en étant très indulgents, nous gardons une photo sur deux des séries faciles et une sur x des autres) et présente l'avantage du réglage des ISO à la demande. Le post traitement est également plus facile que pour les clichés argentiques, mais je ne voudrais pas relancer le débat perpétuel. Faut un boîtier, le vôtre, celui que vous connaissez bien. Point barre.

Si vous devez vous équiper pour faire du safari photo, pas simplement pour garder un (bon) souvenir, il n'y a plus aucun problème ou dilemme, c'est un reflex numérique à objectif interchangeable qu'il vous faut.

Quel objectif ?

Évidemment celui de la marque de votre boîtier, ou d'un fabricant d'objectifs comme Tokina, Tamron ou Sigma. Un téléobjectif pour la photo animalière, un grand-angle pour les paysages, éventuellement un objectif macro pour insectes et assimilés, plantes et minéraux.Pour la focale, il faut à mon avis un téléobjectif ou un zoom de 400 mm (plus si affinités), et avec multiplicateur. Téléobjectif ou zoom ont chacun leurs avantages ou leurs inconvénients. Si l'on doit utiliser un seul objectif, le zoom s'impose, d'autant qu'en safari on est souvent à une distance imposée du sujet : obligation de rester dans la voiture et interdiction le plus souvent pour celle-ci de quitter la piste. Le zoom économise aussi les changements d'objectifs, parfois acrobatiques, sources de poussières, de perte de temps.

L'usage d'un multiplicateur est plus facile sur un téléobjectif fixe car celui-ci est généralement plus ouvert que le zoom correspondant, on conserve donc mieux l'autofocus, le viseur est plus clair, la sensibilité ISO a moins besoin d'être élevée. Les résultats optiques d'un objectif fixe sont a priori supérieurs, surtout en cas d'usage d'un multiplicateur, mais ce n'est pas à mon avis un critère déterminant pour un usage amateur, sauf besoin d'agrandissements géants.

Un grand télé en numérique, de 400 ou plus ? Ah, mais c'est qu'on fait du numérique, on a le "coeff.", le fameux coefficient de « multiplication »c'est magique, le 300 mm devient un 390 ou 450 ou 480 mm, avec notre coefficient multiplicateur de 1,3 ou 1,5 ou 1,6 ! Ben ouais, mais on peut aussi recadrer sa photo, alors le coeff., hein, c'est quasi du pipeau ! Moi, il m'embête bien plus qu'il ne m'arrange, ce fameux coeff. Donnez-moi des pixels (des gros, merci) et gardez-le votre coeff. de 1,6. Ah j'en ai rêvé, Canon l'a fait ? Ouaip, mais au prix d'un safari (un beau). Et Nikon a fait encore plus fort avec ses D 800 et 800E pour un prix un peu plus abordable.
Bon, soyons sérieux, la donne a évolué avec l'augmentation du nombre de pixels offerts par les capteurs de format réduit des derniers reflex : Canon, Nikon, Olympus, Konica-Minolta, Pentax offrent des capteurs APS ou presque de 16 millions de pixels et plus, il suffit de monter dessus des objectifs top de chez top ! Des série L ou DO en téléobjectifs sur les Canon ou les derniers modèles des Nikon (VR***) permettent d 'exploiter au mieux les photosites très petits et très serrés (jusqu'à 24 Mp sur le D3x Nikon et 36 Mpx pour le Nikon D800) , quant aux objectifs Olympus ils ont été conçus spécialement pour une utilisation sur petit capteur 4/3 ou micro 4/3. On peut donc "descendre" au 300 mm avec un petit capteur, j'en conviens, mais rappelons-nous que "trop fort n'a jamais manqué"...

L'autofocus ? Oui, s'il est rapide, mais même avec des objectifs USM, je trouve parfois pratique de le débrayer, sinon la moindre branchette agitée par le vent peut vous faire perdre le point sur le barbican de votre vie, le temps que vous l'ayez retrouvé, la branche sera vide ! Autre cas où un autofocus pas hyper rapide peut être pénalisant, l'envol ou l'atterrissage d'une bestiole, guêpier pas au hasard, qui quitte ou regagne régulièrement le même poste de dégustation/guet.

La stabilisation est toujours un plus, elle est quasi indispensable une fois que l'on y a goûté, sans être doué, en appui sur quelques haricots (crus) en sac, il m'arrive de descendre au 1/100ème avec un 800 mm sur un 7 D et d'obtenir quelques photos bien nettes. Inconvénient en numérique, la stabilisation peut pomper pas mal sur la batterie si on a l'index lourd.

Une petite remarque, je trouve que les touches de mise en service de l'AF (choix 4.5m -10 m 10m - infini ou 4,5 m - infini) et de l'IS (on, off, mode 2) des gros tromblons Canon sont assez faciles à dérégler. Solution possible : les "scotcher" au gaffer, c'est ce que fait le grand (par le talent) Michel Denis-Huot pour tous ses télés. L'emploi d'une combi néoprène de protection/camouflage a résolu le problème : non content d'amortir les chocs, de protéger de la pluie ou de l'humidité, il se trouve que la protection des touches par un plastique transparent a évité les déréglages intempestifs. La remarque vaut aussi pour le 100-400 L Canon. Par ailleurs on a reproché à ce plutôt bon zoom d'être une pompe à poussières, ça ne me semble pas être plus prononcé qu'avec un autre type de zoom, en tout cas pas de manière visible même pour des oiseaux en vol sur fond de ciel.

Prêt, achat d'occasion ou location d'objectifs

Pour tous ceux qui ne veulent ou ne peuvent investir une grosse somme dans un téléobjectif dont il n'aura que peu ou plus du tout l'usage après le safari, il reste la solution du prêt par un proche, de l'achat d'occasion avec revente au retour et de la location.

Pour le prêt, il faut disposer d'un proche équipé et confiant, on l'a ou on ne l'a pas.

Pour l'achat d'occasion, les précautions d'usage sont à respecter : essai avec son boîtier (ne serait-ce en Canon que pour éliminer la fameuse erreur EF99), achat auprès d'un professionnel offrant une garantie de 6 mois, achat à un prix correct permettant de ne pas (trop ou pas du tout) perdre à la revente au retour. C'est la solution à privilégier pour un long séjour.

Pour la location, pas de souci de revente à la rentrée ou d'état du matériel, c'est une solution recommandée pour des séjours courts de moins de 2-3 semaines. Les résidents en Allemagne ont la chance de bénéficier du service de location d'AC-Foto qui offre un choix énorme de grands tromblons, petits tromblons et autres. L'offre en France n'est pas surabondante, tant s'en faut. Objectif-Location, à Lyon, jouit d'une bonne réputation sur la Toile. Malheureusement limité à Canon, Nikon et Pentax, les prestations annoncées sont de qualité et à des tarifs très honnêtes. Pour ceux qui veulent des téléobjectifs plus longs et/ou plus lumineux, il faudra faire avec des loueurs pour professionnels, comme Photocinerent à des tarifs 10 à 20 fois supérieurs...

Piles

Prévoir un ou plusieurs jeux de rechange des piles.

On trouve partout des piles crayons alcalines, mais à des prix très supérieurs aux prix européens. Les batteries rechargeables (pour un flash par exemple) sont certes utilisables sauf cas particulier mais leur rechargement peut poser problème (cf. paragraphe énergie de la page numérique).

Toutes les autres piles "exotiques" au mercure, lithium, etc. nécessaires pour le fonctionnement du boîtier ne sont pas disponibles en safari et même à Dar es Salam risquent d'être difficiles à trouver

Les appareils tout mécanique style Leica R9 sont donc toujours un plus dans le cas de trekking, de safari à pied ou à cheval de plusieurs jours.

Accessoires

Pied, tête fluide, flash, jumelles, rotules, pare-soleil, bean-bag, voire casquette, des accessoires pas si accessoires que ça ! 

L'emploi du pare-soleil est obligatoire.

Mettre un filtre "protège-objectif" UV ou équivalent est facultatif et dépend des convictions de chacun. Contre, on interpose 2 surfaces de contact air/verre supplémentaires, pour, on peut nettoyer avec un mouchoir sale sans rayer la délicate lentille frontale. À vous de voir. Un filtre polarisant vous spolie d'un diaphragme, à vous de voir si vous voulez de belles couleurs saturées type pub pour huile solaire pour votre safari en Tanzanie.

Une soufflette ou tout autre matériel adéquat de nettoyage, est indispensable pour décrasser l'objectif (ou le filtre.). Les capteurs des numériques sont particulièrement sensibles aux poussières. Limiter les changements d'objectifs autant que possible et si l'inévitable se produit, utiliser, au calme, dans un endroit sans poussières (!) les méthodes éprouvées et déjà expérimentées avec succès...  Autre accessoire indispensable au numérique, le nécessaire pour nettoyer le capteur des poussières qu'il va attirer inexorablement, quelles que soient les précautions que vous prendrez en changeant d'objectif (même en prenant la précaution suprême de ne pas en changer !). Mais ce n'est une manip' à faire que dans d'excellentes conditions, sans aller jusqu'à la la salle blanche, c'est évidemment à faire dans un environnement exempt de poussières et de courants d'air.

Un sac doit contenir tout votre matériel en action dans le 4x4, sur le dos (c'est lourd) en cas de safari à pied et pendant les transports aériens, je n'ai pas d'action chez Lowepro mais du petit Mini Trekker au gros Pro Trekker, vous devriez pouvoir trouver votre bonheur dans leur large gamme qui comprend même des sacs sur roulette. GuraGear avec ses sacs aux noms évocateurs, Kiboko (=hippopotame en swahili), Chobe, Tembo (=éléphant en swahili) est aussi très recommandable, avec des sacs robustes mais malgré leurs noms très légers. Think Thank constitue aussi une alternative à envisager, avec de modèles de sacs à roulettes. Attention aux dimensions pour le transport aérien, choisissez un modèle ad hoc, mais comme les normes changent d'une compagnie à l'autre, pour ne pas dire d'un comptoir d'embarquement à l'autre, n'hésitez pas à batailler ferme si on vous fait des difficultés pour un sac déclaré agréé cabine. La valeur déclarée (et réelle) du matériel devrait suffire à empêcher tout fourvoiement en soute !

Même si le moteur qui entraînait la pellicule n'est plus d'actualité, des cadences élevées, égales ou supérieures à 8 photos par seconde seront, sinon indispensables, du moins utiles et appréciées pour les oiseaux en vol, atterrissage et décollage. NB : qui dit cadence élevée dit carte-mémoire "rapide". Et si l'on veut maintenir ces cadences élevées plus de  20 secondes, il faudra photographier en jpg et non en RAW, à quelques exceptions près comme le monstrueux Canon EOS 1 Dx Mk2 qui peut tenir la cadence de 14 photos/s pendant une minute !

Un flash indépendant puissant est un atout de poids (mais vu celui du télé, on va pas chipoter) pour les oiseaux perchés à contre-jour, les bougres ! Un "amplificateur" de flash peut être utilisé pour les prises de vue de nuit à longue distance (attention, l'autofocus est évidemment inopérant dans les cas d'éclairement insuffisant).


tête pendulaire Wimberley et super clamp Manfrotto

Enfin si l'on est bien monté en taille (de focale, œuf corse, 500 mm ou plus), un monopode ou un trépied (Manfrotto ou Gitzo, et là encore, j'ai pas d'action) est quasi indispensable dans les jardins et parcs des lodges ou pour les safaris à pied. En voiture l'appui sur le toit calé sur le classique sac rempli de lentilles ou haricots convient bien aux mammifères ou aux oiseaux au sol, moins bien à ceux en l'air sur des arbres ou en vol. Les véhicules des pros ou quasi pros sont équipés d'au moins une tête Wimberley (ou équivalent). On peut rêver devant certains 4x4 avec 2 Wimberley, sans compter les sacs de beans ! Avec pied, monopode ou rotule, un système d'attache rapide est très utile, voire indispensable. Nous utilisons une Wimberley fixée sur les barres de toit par un étau Manfrotto (super clamp Manfrotto  035RL Étau). Il n'est évidemment pas question de rouler, sauf à faible allure, et encore, avec l'appareil fixé sur ce dispositif, mais il est très utile à l'arrêt pour tous les sujets en hauteur, au hasard léopard ou autre joli zoziau dans un arbre. Et surtout avec les très longues focales résultant de l'emploi d'un multiplicateur ("converter") et de l'effet du coefficient multiplicateur (1,6 ou 1,3 pour Canon, 1,5 pour Nikon). Une rotule-balle type Arca-Swiss ou équivalent peut être utilisée avec des téléobjectifs pas trop lourds, elle a l'avantage d'être beaucoup moins encombrante. On peut aussi se servir d'une tête vidéo, solution choisie par des professionnels comme Michel Denis-Huot, Tony Crocetta qui ont fait fixer une grosse tête vidéo sur la portière de leur 4x4. Mais les têtes vidéo adaptées sont chères (plus de 1000 €, voire bien plus) et très lourdes (2 kg et plus...). Pour avoir testé les trois, tête vidéo, rotule et Wimberley, c'est la Wimberley qui offre le meilleur compromis performances/poids/prix et la (grosse) tête vidéo (classe Sachtler ou équivalent) qui offre dans l'absolu les meilleures performances. Attention, les voitures du sud sans toit ouvrant ne permettent pas le plus souvent l'usage du super clamp et bien sûr jamais l'emploi d'un bean-bag car elles sont dépourvues de points d'appui, étant sans portes et sans fenêtres !

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Monopode Gitzo et tête RRS

Pensez aux jumelles (le fin du fin, les jumelles stabilisées) et pour les ornithologues passionnés l'indispensable lunette longue-vue (avec oculaire zoom ou non).

Et même si vous n'êtes pas énergivore comme l'est tout photographe en numérique, pensez à l'adaptateur de prise de courant qui va bien : la Tanzanie a des prises au standard anglais. Et n'oubliez pas la barrette de prises multiples, les prises de courant sont parfois très disputées quand le groupe électrogène marche le soir, chaque touriste a au moins 1 ou 2 trucs à recharger. Les allume-cigares des véhicules sont très souvent HS, donc ne pas trop compter sur eux... Ne pas négliger chargeur, barrettes de prises électriques, adaptateurs de prise française -> anglaise et anglaise->française. Oui, les deux : supposez que les places soient chères, comme, pas au hasard à Ndutu pendant la grande migration des gnous de janvier-février quand les équipes de photographes et cameramen pros trustent toutes les pourtant nombreuses prises disponibles. Vous débranchez sans barguigner une prise anglaise, branchez votre barrette multiprise avec votre adaptateur prise française vers anglaise et rebranchez la débranchée anglaise sur votre barrette grâce à l'adaptateur prise anglaise vers française ? Simple, n'est-il pas ?

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Enfin d'enfin, n'oubliez pas casquette ou visière ou chapeau à large bord !

Safari njema! Bon voyage ! Et bonnes photos ! Picha nzuri!