éléphants à Ruaha

Conseils sur le matériel photo pour safari

Certes, le matériel est contingent, c'est l'œil du photographe qui fait la photo. On peut faire de bonnes, voire d'excellentes photos de safari avec un compact. Ou avec un bridge. Un reflex à objectif interchangeable n'est pas forcément nécessaire. Mais quand même... Rien ne remplacera un long télé pour cette scène de chasse au loin, un objectif macro pour ce beau scarabée, un grand-angle pour ce paysage. Et la cadence du boîtier, son étanchéité à la poussière, le format de son capteur peuvent jouer... Donc...

Argentique versus numérique, un débat obsolète ?

Il n'y a plus de match, la photographie de safari est numérique, soit avec un bridge pour les amateurs, soit pour la photographie expert ou pro avec un reflex numérique à capteur de format APS-C ou 24x36. C'est quasiment un débat obsolète en 2009, le numérique a gagné par KO en photo animalière. On ne trouve pratiquement plus d'ailleurs sur le marché de reflex 24x36 argentique neuf, sauf quelque appareil de niche comme le Leica M argentique produit à quelques exemplaires. Le tableau comparatif (déjà ancien et dépassé : il date de 2006 !) que vous pouviez trouver sur la page "argentique" de notre ancienne mouture du site est maintenant totalement déséquilibré au profit du numérique, qui ne perd son avantage que quand les possibilités d'alimentation électrique sont nulles ou presque. Ou lorsque l'on est allergique à tout tripatouillage de l'informatique...

Certes, c'est à chacun de choisir selon les critères qui sont pour lui déterminants, esthétique, côté pratique, goût pour les gadgets ou au contraire aversion de l'informatique... Nous avons choisi le numérique, au départ 300 D Canon, malgré tous les défauts du numérique en général et du 300 D en particulier, complété ensuite par un autre numérique Canon moins basique, puis d'autres boîtiers expert ou pro... On remarquera que le 300 D au début de sa commercialisation était vendu au prix d'un reflex argentique expert.... Le nombre de photos faites a ainsi connu une inflation considérable, hélas très supérieur à l'augmentation du nombre de bonnes photos faites !

On peut dire en simplifiant que seuls quelques esthètes passionnés et/ou originaux continuent ou continueront à utiliser l'argentique en photographie animalière de safari.

Choix bridge ou reflex

Bridge

Sauf exception (je n'en connais pas), les amateurs experts délaisseront le bridge, appareil à objectif non interchangeable, muni d'un zoom qui peut monter à un équivalent 24x36 de 400 mm et plus. Ils lui reprocheront les inconvénients qui suivent :

- son viseur électronique :pour l'instant encore, il est moins agréable, moins lumineux, moins performant que celui des reflex ; de gros progrès seront sans doute accomplis dans les toutes prochaines années

- son objectif fixe : il a un piqué moindre que ceux des reflex, encore que l'on puisse en discuter si on ne parle pas des optiques reflex pro, et surtout il est moins lumineux, de plus il est souvent limité du côté grand-angle à 28 ou 35 mm équivalent 24x36, exceptionnellement moins.

- son capteur : il est de petite taille, parfois même très petite, ce qui favorise la montée du bruit dès 400 ISO ou moins et ce qui donne une profondeur de champ parfois trop importante, car on recherche souvent un sujet net bien détaché sur un joli fond flou ("bokeh"). Les reflex les plus performants permettent d'utiliser des sensibilités de 3200 ISO et plus, les bridges sont souvent limités à 400 à 800 ISO exploitables, d'autant que le nombre de leurs photosites augmente sans cesse : beaucoup plus de photosites égale photosites beaucoup plus petits, d'où signal beaucoup plus faible nécessitant une amplification beaucoup plus importante avec pour résultat un bruit thermique et un bruit chromatique beaucoup plus importants.

- les agrandissements importants lui sont interdits, les meilleurs donnent de plutôt bons A3, mais guère plus.

- enfin, les bridges sont souvent affectés d'un retard au déclenchement assez important, même si des progrès ont été faits et se poursuivent.

Le bridge présente pourtant des avantages qui en font un choix très raisonnable pour beaucoup d'amateurs : une grande légèreté, ce qui est important pour le transport (en cabine, œuf corse) mais aussi pour l'usage en safari, pas de batterie d'objectifs encombrants et onéreux, tout est toujours disponible, sans changement d'objectif, le risque de poussière sur le capteur est nul (ou presque, l'étanchéité n'est pas toujours parfaite), le coût du matériel est (relativement, relativement) réduit, les possibilités de macrophotographie sont réelles et faciles à toutes les focales en bénéficiant au mieux de la profondeur de champ plus importante, enfin certains bridges ont des focales longues allant jusqu'à un équivalent 1200 mm en 24x36 !

Reflex

Le reflex s'adresse plus à l'amateur éclairé, qui sait jongler avec diaphragme, profondeur de champ, mesure d'exposition. Le reflex est presque immédiatement en action, le temps de latence entre déclenchement et prise de vue est des plus courts, la gamme d'objectifs utilisables va, en plein format, du 14 au 800 mm chez Canon, du 14 au 600 mm chez Nikon (je ne parle que des objectifs actuellement réellement en vente, pas des spéciaux sur commande au prix d'une limousine de luxe). Les possibilités d'autofocus, de cadence, de mesure d'exposition, de télécommande, de transmission Wi-Fi, de vidéo sont superlatives, le safari idéal exige un reflex numérique récent avec les optiques appropriées et les accessoires qui vont bien.

En revanche, pour une utilisation amateur, en tirage 9x13 ou 13x18 ou équivalent (les bridges sont souvent de rapport 4/3 et non 3/2), les résultats sont parfaitement acceptables et avec un bon post-traitement le A4 ne devrait pas poser de problème. En revanche-bis, le bridge est parfaitement adapté pour une utilisation sur écran, puisque la plupart des photos des amateurs ne sont jamais tirées sur support papier. Le traitement logiciel des images d'un "compact" (grosso modo, un bridge sans viseur électronique et avec un zoom d'amplitude plus limitée) ou d'un bridge est conçu pour donner une photo de format jpg (donc directement exploitable, imprimable, visible par tous les logiciels) qui est accentuée et a un bruit lissé de manière à pouvoir être utilisée directement sans post-traitement. On peut reprocher à ce traitement d'être parfois même un peu excessif, donnant une image 'flashy" type carte postale, très marquée "numérique", mais les bons bridges évitent cet écueil plus fréquemment rencontré sur certains "compacts".

Choix de l'objectif : petit télé, moyen télé ou long télé ?

On peut très bien faire tout un safari avec un 70-200, on risque d'en revenir avec de belles photos mais tout à fait frustré par toutes celles que l'on n'a pu faire... Il faut penser que le hors-piste n'est permis qu'à de rares endroits dans le Serengeti ou le NCA (région de Ndutu), et encore bien souvent sur le principe du pas vu-pas pris, donc on ne peut pas toujours s'approcher autant que l'on voudrait, dans le cratère le hors-piste est absolument exclu, les rangers sont omniprésents et impitoyables, les chauffeurs le savent.
Dans le cratère du Ngorongoro en Tanzanie, ou dans beaucoup de parcs du Kenya (ou d'Afrique du Sud), les animaux sont certes habitués aux voitures et beaucoup moins farouches que dans les parcs du nord de la Tanzanie ou de ceux du sud où les visiteurs par an se comptent en centaines et pas en milliers ou dizaine de milliers. Mais même dans le cratère, des scènes de loin, kill, rhinos, oiseaux (flamants, aigles), hippopotames dans leur hippo pool bénéficieraient bien d'un 300 ou 400 (ou plus long si affinités), et ce même en tenant compte du coefficient des petits capteurs qui fait qu'un 100 mm cadre comme un 150 mm (Nikon, Sony) ou un 160 mm (Canon). Attention, le x mm ne devient pas un 1,5 x ou un 1,6 x mm, il garde, à grandissement égal, toutes ses caractéristiques optiques, notamment piqué, profondeur de champ, diffraction.

Je conseille très fortement d'avoir un boîtier de secours. Au besoin, soit se faire prêter un vieux boîtier, soit acheter d'occasion un "vieux" 8, 10 ou 12 Mpx, qui peut se trouver en bon état de fonctionnement à moins de 250 € et qui servira de boîtier de secours. Imaginez-vous avec un boîtier Canon (pas au hasard) en erreur ERR 99 ou ERR 40 le premier jour du safari... Et bien, ça nous est arrivé, une ERR 99, sur un 40 D tout neuf (moins de 15 jours), et si nous n'avions eu que lui, bonjour le safari photo !
Monter dessus le 70-200 pour les scènes d'ambiance, les groupes, troupeaux, etc.
On peut se servir du "mulet" en dépannage du boîtier principal en cas de souci. Ou bien en complément, par exemple our monter dessus un grand-angle pour les paysages ou un autre objectif moins sollicité. Cela peut également permettre de limiter les changements d'optique et donc le dépôt de poussières sur le capteur.
Et sur le boîtier principal, le plus performant of course, on peut monter un objectif plus long. Louer/acheter/se faire prêter un 300 (f/4 L IS ou Sigma ou mieux si affinités) ou si l'on peut un 400 de marque ou non. Même, à la rigueur sans stabilisation, comme le Canon EF 400 f/5.6 L (non IS) car des photos à main levée, on en fait, mais aussi et encore plus en appui sur un bean bag sur le toit ou la fenêtre.

Un 300 (mini) ou mieux un 400 est aussi utile pour les oiseaux, même les faciles comme les photogéniques rolliers ou étourneaux superbes, et encore plus pour les calaos, jabirus, cigognes diverses et autres hérons divers, dont il serait dommage de ne pas tirer le portrait. Si l'on s'intéresse vraiment à l'avifaune, un 500 mm devient le minimum, et, même avec un appareil à grand capteur 24x36, un 600 mm, voire un 800 mm.
On trouvera sur l'excellent forum Chassimages des discussions sur les téléobjectifs ou zooms abordables (ou à peu près), avec des opinions différentes des miennes, ce qui peut en faire l'intérêt.
Notamment ici sur les 300 mm, là avec le 70-200 ou bien encore ici. Et ça, rien que pour les boîtiers Canon, il doit y en avoir bien d'autres...

Zooms ? Ne pas les oublier !

Dans le même ordre d'idée, le zoom est souvent pratique, même si c'est (un peu, presque pas ou beaucoup selon son prix)au détriment de la qualité optique. Détriment d'ailleurs modéré et souvent sans conséquence pratique en utilisation normale des photos, c'est à dire sans sortir de A3 ou posters !

Et les grands-angles ? Aussi !

Sans être Bill Brandt ou, plus animalier, Nick Brandt, les grands-angles sont des objectifs qui doivent faire partie de l'arsenal du photographe en safari ! Pour les couchers-levers de soleil, les troupeaux, les beaux paysages africains, les photos d'ambiance au lodge ou au camp ! Et, si affinités (et talent, cf. le sus nommé Nick Brandt), pour la photographie d'animaux avec des résultats originaux. Il ne coûte rien (avec le numérique) d'essayer !

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Marques

Toutes les marques sont bonnes, que ce soit Nikon ou Canon, les plus riches en gamme d'objectifs et d'accessoires, en nombre de boîtiers du bas de gamme (relatif) au matériel professionnel ou Sony, repreneur de Minolta, Pentax, au rapport qualité-prix unanimement célébré, ou Olympus, Panasonic, Samsung, les adeptes du format 4/3 (capteur un peu plus petit, donc coefficient de conversion plus important, objectifs plus légers, avec en contrepartie des possibilités d'agrandissement plus limitées bien que suffisantes le plus souvent). C'est à chacun de faire son choix en fonction de ses habitudes, de l'adaptation à son cas (gaucher, type de visée, taille des mains, etc.). Nous sommes des utilisateurs Canon comblés par la qualité des optiques blanches, mais le hasard aurait pu en décider autrement, qui sait...

Le superbe site de notre superbe (surtout avec sa casquette) ami Yvon, Picardimages, n'est pas uniquement dédié à la photo de la superbe région picarde (et du Kenya), il comportait, entre autres, une section consacrée au matos que je ne saurais trop vous encourager de visiter, quelle que soit votre marque de prédilection, même si elle a encore quelques manques, comme, au hasard, la FTM du Canon EF 800 F/5.6 L IS... Mais Yvon a ouvert un nouveau site super-extra, Faunographie, plus spécifique de la photographie animalière, avec notamment un superbe essai terrain du zoom Canon EF 200-400 f/4 L...

Format RAW ou jpg

Là aussi, le choix est facile ! Pour les non experts et/ou réticents en informatique, c'est le jpg, format compressé prêt à être imprimé ou lu par tous les logiciels et systèmes d'exploitation. Je conseille instamment le jpg de la plus haute qualité. Pour tous ceux qui veulent aller un peu plus loin, c'est le format RAW qui s'impose. C'est lui qui permet au mieux d'exploiter les possibilités de l'image donnée par le capteur. En revanche, tout a un prix, et là, le prix, c'est du temps passé à exploiter ses photos, même si des logiciels propriétaires ou non (Lightroom ou Aperture par exemple) permettent des traitements par lot.


Important :
prenez en cabine tout ce dont l'absence transformerait votre safari photo en désastre : boîtier (et si possible deux boîtiers), objectif mais aussi chargeur, adaptateur de prise de courant, batteries, cartes mémoires, ordinateur ou disque dur externe. Ne laissez voyager en soute rien de précieux ou d'indispensable ! Si un bagage est égaré, des vêtements peuvent vous manquer mais il y a toujours moyen d'y remédier, remplacer un appareil photo, un chargeur de batterie, des cartes mémoire est plus problématique, surtout en Afrique...


Quel boîtier ?

Un boîtier reflex à objectif interchangeable. Numérique ou argentique ? En 2005, le rapport de force s'inverse et pour un usage courant, familial, amateur non expert, le numérique a gagné la bataille malgré les atouts évidents de l'argentique (et la nostalgie bien compréhensible des "anciens").

Le plus rapide possible, ça bouge vite, ces bestioles parfois (mais ça peut rester aussi immobile longtemps). Un argentique ? C'est mieux pour la rapidité de mise en œuvre, la fiabilité et l'autonomie. Le film a eu au début du numérique des possibilités supérieures à celles des capteurs courants mais maintenant l'avantage est au numérique, que ce soit en sensibilité ou en définition. Une vitesse de motorisation élevée est toujours utile, et surtout une disponibilité constante, au début du numérique, le Canon EOS 300D m'a joué des tours avec son retard à la mise en service et sa cadence de 1 vue/seconde parfois très pénalisante, bien plus que sa cadence initiale de 3 vues/seconde. Mais, car il y a un mais, ces bestioles sont des pièges à pellicule, un numérique peut permettre des économies pour une pratique où il peut y avoir pas mal de déchet (en étant très indulgents, nous gardons une photo sur deux des séries faciles et une sur x des autres) et présente l'avantage du réglage des ISO à la demande. Le post traitement est également plus facile que pour les clichés argentiques, mais je ne voudrais pas relancer le débat perpétuel. Faut un boîtier, le vôtre, celui que vous connaissez bien. Point barre.

Si vous devez vous équiper pour faire du safari photo, pas simplement pour garder un (bon) souvenir, il n'y a plus aucun problème ou dilemme, c'est un reflex numérique à objectif interchangeable qu'il vous faut.

Quel objectif ?

Évidemment celui de la marque de votre boîtier, ou d'un fabricant d'objectifs comme Tokina, Tamron ou Sigma. Un téléobjectif pour la photo animalière, un grand-angle pour les paysages, éventuellement un objectif macro pour insectes et assimilés, plantes et minéraux.Pour la focale, il faut à mon avis un téléobjectif ou un zoom de 400 mm (plus si affinités), et avec multiplicateur. Téléobjectif ou zoom ont chacun leurs avantages ou leurs inconvénients. Si l'on doit utiliser un seul objectif, le zoom s'impose, d'autant qu'en safari on est souvent à une distance imposée du sujet : obligation de rester dans la voiture et interdiction le plus souvent pour celle-ci de quitter la piste. Le zoom économise aussi les changements d'objectifs, parfois acrobatiques, sources de poussières, de perte de temps.

L'usage d'un multiplicateur est plus facile sur un téléobjectif fixe car celui-ci est généralement plus ouvert que le zoom correspondant, on conserve donc mieux l'autofocus, le viseur est plus clair, la sensibilité ISO a moins besoin d'être élevée. Les résultats optiques d'un objectif fixe sont a priori supérieurs, surtout en cas d'usage d'un multiplicateur, mais ce n'est pas à mon avis un critère déterminant pour un usage amateur, sauf besoin d'agrandissements géants.

Un grand télé en numérique, de 400 ou plus ? Ah, mais c'est qu'on fait du numérique, on a le "coeff.", le fameux coefficient de « multiplication »c'est magique, le 300 mm devient un 390 ou 450 ou 480 mm, avec notre coefficient multiplicateur de 1,3 ou 1,5 ou 1,6 ! Ben ouais, mais on peut aussi recadrer sa photo, alors le coeff., hein, c'est quasi du pipeau ! Moi, il m'embête bien plus qu'il ne m'arrange, ce fameux coeff. Donnez-moi des pixels (des gros, merci) et gardez-le votre coeff. de 1,6. Ah j'en ai rêvé, Canon l'a fait ? Ouaip, mais au prix d'un safari (un beau). Et Nikon a fait encore plus fort avec ses D 800 et 800E pour un prix un peu plus abordable.
Bon, soyons sérieux, la donne a évolué avec l'augmentation du nombre de pixels offerts par les capteurs de format réduit des derniers reflex : Canon, Nikon, Olympus, Konica-Minolta, Pentax offrent des capteurs APS ou presque de 16 millions de pixels et plus, il suffit de monter dessus des objectifs top de chez top ! Des série L ou DO en téléobjectifs sur les Canon ou les derniers modèles des Nikon (VR***) permettent d 'exploiter au mieux les photosites très petits et très serrés (jusqu'à 24 Mp sur le D3x Nikon et 36 Mpx pour le Nikon D800) , quant aux objectifs Olympus ils ont été conçus spécialement pour une utilisation sur petit capteur 4/3 ou micro 4/3. On peut donc "descendre" au 300 mm avec un petit capteur, j'en conviens, mais rappelons-nous que "trop fort n'a jamais manqué"...

L'autofocus ? Oui, s'il est rapide, mais même avec des objectifs USM, je trouve parfois pratique de le débrayer, sinon la moindre branchette agitée par le vent peut vous faire perdre le point sur le barbican de votre vie, le temps que vous l'ayez retrouvé, la branche sera vide ! Autre cas où un autofocus pas hyper rapide peut être pénalisant, l'envol ou l'atterrissage d'une bestiole, guêpier pas au hasard, qui quitte ou regagne régulièrement le même poste de dégustation/guet.

La stabilisation est toujours un plus, elle est quasi indispensable une fois que l'on y a goûté, sans être doué, en appui sur quelques haricots (crus) en sac, il m'arrive de descendre au 1/100ème avec un 800 mm sur un 7 D et d'obtenir quelques photos bien nettes. Inconvénient en numérique, la stabilisation peut pomper pas mal sur la batterie si on a l'index lourd.

Une petite remarque, je trouve que les touches de mise en service de l'AF (choix 4.5m -10 m 10m - infini ou 4,5 m - infini) et de l'IS (on, off, mode 2) des gros tromblons Canon sont assez faciles à dérégler. Solution possible : les "scotcher" au gaffer, c'est ce que fait le grand (par le talent) Michel Denis-Huot pour tous ses télés. L'emploi d'une combi néoprène de protection/camouflage a résolu le problème : non content d'amortir les chocs, de protéger de la pluie ou de l'humidité, il se trouve que la protection des touches par un plastique transparent a évité les déréglages intempestifs. La remarque vaut aussi pour le 100-400 L Canon. Par ailleurs on a reproché à ce plutôt bon zoom d'être une pompe à poussières, ça ne me semble pas être plus prononcé qu'avec un autre type de zoom, en tout cas pas de manière visible même pour des oiseaux en vol sur fond de ciel.

Prêt, achat d'occasion ou location d'objectifs

Pour tous ceux qui ne veulent ou ne peuvent investir une grosse somme dans un téléobjectif dont il n'aura que peu ou plus du tout l'usage après le safari, il reste la solution du prêt par un proche, de l'achat d'occasion avec revente au retour et de la location.

Pour le prêt, il faut disposer d'un proche équipé et confiant, on l'a ou on ne l'a pas.

Pour l'achat d'occasion, les précautions d'usage sont à respecter : essai avec son boîtier (ne serait-ce en Canon que pour éliminer la fameuse erreur EF99), achat auprès d'un professionnel offrant une garantie de 6 mois, achat à un prix correct permettant de ne pas (trop ou pas du tout) perdre à la revente au retour. C'est la solution à privilégier pour un long séjour.

Pour la location, pas de souci de revente à la rentrée ou d'état du matériel, c'est une solution recommandée pour des séjours courts de moins de 2-3 semaines. Les résidents en Allemagne ont la chance de bénéficier du service de location d'AC-Foto qui offre un choix énorme de grands tromblons, petits tromblons et autres. L'offre en France n'est pas surabondante, tant s'en faut. Objectif-Location, à Lyon, jouit d'une bonne réputation sur la Toile. Malheureusement limité à Canon, Nikon et Pentax, les prestations annoncées sont de qualité et à des tarifs très honnêtes. Pour ceux qui veulent des téléobjectifs plus longs et/ou plus lumineux, il faudra faire avec des loueurs pour professionnels, comme Photocinerent à des tarifs 10 à 20 fois supérieurs...

Piles

Prévoir un ou plusieurs jeux de rechange des piles.

On trouve partout des piles crayons alcalines, mais à des prix très supérieurs aux prix européens. Les batteries rechargeables (pour un flash par exemple) sont certes utilisables sauf cas particulier mais leur rechargement peut poser problème (cf. paragraphe énergie de la page numérique).

Toutes les autres piles "exotiques" au mercure, lithium, etc. nécessaires pour le fonctionnement du boîtier ne sont pas disponibles en safari et même à Dar es Salam risquent d'être difficiles à trouver

Les appareils tout mécanique style Leica R9 sont donc toujours un plus dans le cas de trekking, de safari à pied ou à cheval de plusieurs jours.

Accessoires

Pied, tête fluide, flash, jumelles, rotules, pare-soleil, bean-bag, voire casquette, des accessoires pas si accessoires que ça ! 

L'emploi du pare-soleil est obligatoire.

Mettre un filtre "protège-objectif" UV ou équivalent est facultatif et dépend des convictions de chacun. Contre, on interpose 2 surfaces de contact air/verre supplémentaires, pour, on peut nettoyer avec un mouchoir sale sans rayer la délicate lentille frontale. À vous de voir. Un filtre polarisant vous spolie d'un diaphragme, à vous de voir si vous voulez de belles couleurs saturées type pub pour huile solaire pour votre safari en Tanzanie.

Une soufflette ou tout autre matériel adéquat de nettoyage, est indispensable pour décrasser l'objectif (ou le filtre.). Les capteurs des numériques sont particulièrement sensibles aux poussières. Limiter les changements d'objectifs autant que possible et si l'inévitable se produit, utiliser, au calme, dans un endroit sans poussières (!) les méthodes éprouvées et déjà expérimentées avec succès...  Autre accessoire indispensable au numérique, le nécessaire pour nettoyer le capteur des poussières qu'il va attirer inexorablement, quelles que soient les précautions que vous prendrez en changeant d'objectif (même en prenant la précaution suprême de ne pas en changer !). Mais ce n'est une manip' à faire que dans d'excellentes conditions, sans aller jusqu'à la la salle blanche, c'est évidemment à faire dans un environnement exempt de poussières et de courants d'air.

Un sac doit contenir tout votre matériel en action dans le 4x4, sur le dos (c'est lourd) en cas de safari à pied et pendant les transports aériens, je n'ai pas d'action chez Lowepro mais du petit Mini Trekker au gros Pro Trekker, vous devriez pouvoir trouver votre bonheur dans leur large gamme qui comprend même des sacs sur roulette. GuraGear avec ses sacs aux noms évocateurs, Kiboko (=hippopotame en swahili), Chobe, Tembo (=éléphant en swahili) est aussi très recommandable, avec des sacs robustes mais malgré leurs noms très légers. Think Thank constitue aussi une alternative à envisager, avec de modèles de sacs à roulettes. Attention aux dimensions pour le transport aérien, choisissez un modèle ad hoc, mais comme les normes changent d'une compagnie à l'autre, pour ne pas dire d'un comptoir d'embarquement à l'autre, n'hésitez pas à batailler ferme si on vous fait des difficultés pour un sac déclaré agréé cabine. La valeur déclarée (et réelle) du matériel devrait suffire à empêcher tout fourvoiement en soute !

Même si le moteur qui entraînait la pellicule n'est plus d'actualité, des cadences élevées, égales ou supérieures à 8 photos par seconde seront, sinon indispensables, du moins utiles et appréciées pour les oiseaux en vol, atterrissage et décollage. NB : qui dit cadence élevée dit carte-mémoire "rapide". Et si l'on veut maintenir ces cadences élevées plus de  20 secondes, il faudra photographier en jpg et non en RAW, à quelques exceptions près comme le monstrueux Canon EOS 1 Dx Mk2 qui peut tenir la cadence de 14 photos/s pendant une minute !

Un flash indépendant puissant est un atout de poids (mais vu celui du télé, on va pas chipoter) pour les oiseaux perchés à contre-jour, les bougres ! Un "amplificateur" de flash peut être utilisé pour les prises de vue de nuit à longue distance (attention, l'autofocus est évidemment inopérant dans les cas d'éclairement insuffisant).


tête pendulaire Wimberley et super clamp Manfrotto

Enfin si l'on est bien monté en taille (de focale, œuf corse, 500 mm ou plus), un monopode ou un trépied (Manfrotto ou Gitzo, et là encore, j'ai pas d'action) est quasi indispensable dans les jardins et parcs des lodges ou pour les safaris à pied. En voiture l'appui sur le toit calé sur le classique sac rempli de lentilles ou haricots convient bien aux mammifères ou aux oiseaux au sol, moins bien à ceux en l'air sur des arbres ou en vol. Les véhicules des pros ou quasi pros sont équipés d'au moins une tête Wimberley (ou équivalent). On peut rêver devant certains 4x4 avec 2 Wimberley, sans compter les sacs de beans ! Avec pied, monopode ou rotule, un système d'attache rapide est très utile, voire indispensable. Nous utilisons une Wimberley fixée sur les barres de toit par un étau Manfrotto (super clamp Manfrotto  035RL Étau). Il n'est évidemment pas question de rouler, sauf à faible allure, et encore, avec l'appareil fixé sur ce dispositif, mais il est très utile à l'arrêt pour tous les sujets en hauteur, au hasard léopard ou autre joli zoziau dans un arbre. Et surtout avec les très longues focales résultant de l'emploi d'un multiplicateur ("converter") et de l'effet du coefficient multiplicateur (1,6 ou 1,3 pour Canon, 1,5 pour Nikon). Une rotule-balle type Arca-Swiss ou équivalent peut être utilisée avec des téléobjectifs pas trop lourds, elle a l'avantage d'être beaucoup moins encombrante. On peut aussi se servir d'une tête vidéo, solution choisie par des professionnels comme Michel Denis-Huot, Tony Crocetta qui ont fait fixer une grosse tête vidéo sur la portière de leur 4x4. Mais les têtes vidéo adaptées sont chères (plus de 1000 €, voire bien plus) et très lourdes (2 kg et plus...). Pour avoir testé les trois, tête vidéo, rotule et Wimberley, c'est la Wimberley qui offre le meilleur compromis performances/poids/prix et la (grosse) tête vidéo (classe Sachtler ou équivalent) qui offre dans l'absolu les meilleures performances. Attention, les voitures du sud sans toit ouvrant ne permettent pas le plus souvent l'usage du super clamp et bien sûr jamais l'emploi d'un bean-bag car elles sont dépourvues de points d'appui, étant sans portes et sans fenêtres !

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Monopode Gitzo et tête RRS

Pensez aux jumelles (le fin du fin, les jumelles stabilisées) et pour les ornithologues passionnés l'indispensable lunette longue-vue (avec oculaire zoom ou non).

Et même si vous n'êtes pas énergivore comme l'est tout photographe en numérique, pensez à l'adaptateur de prise de courant qui va bien : la Tanzanie a des prises au standard anglais. Et n'oubliez pas la barrette de prises multiples, les prises de courant sont parfois très disputées quand le groupe électrogène marche le soir, chaque touriste a au moins 1 ou 2 trucs à recharger. Les allume-cigares des véhicules sont très souvent HS, donc ne pas trop compter sur eux... Ne pas négliger chargeur, barrettes de prises électriques, adaptateurs de prise française -> anglaise et anglaise->française. Oui, les deux : supposez que les places soient chères, comme, pas au hasard à Ndutu pendant la grande migration des gnous de janvier-février quand les équipes de photographes et cameramen pros trustent toutes les pourtant nombreuses prises disponibles. Vous débranchez sans barguigner une prise anglaise, branchez votre barrette multiprise avec votre adaptateur prise française vers anglaise et rebranchez la débranchée anglaise sur votre barrette grâce à l'adaptateur prise anglaise vers française ? Simple, n'est-il pas ?

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Enfin d'enfin, n'oubliez pas casquette ou visière ou chapeau à large bord !

Safari njema! Bon voyage ! Et bonnes photos ! Picha nzuri!