éléphants à Ruaha

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Pourquoi un safari au Selous ?

Un safari au Selous est une expérience unique. La partie de la réserve consacrée au safari observation/photo accueille environ 2000 touristes par an, moins d'un par an et par km² ! Les paysages grandioses ou/et désolés de forêt miombo, de rivière, de bush, la chaleur parfois accablante, les concentrations d'hippopotames donnent des sensations très différentes de celles des safaris classiques kenyans ou nord-tanzaniens.

Voilà un slogan qui le ferait,le Selous, des safaris qui dépayse les safaristes, s'pas ? Pour bien l'apprécier, je conseille d'y séjourner au moins 4 ou 5 nuits.

Un safari au Selous, c'est l'assurance de ne pas être avec tout le monde, de faire partie des "happy few". Et c'est au Selous que l'on a le plus de chance en Tanzanie d'observer des lycaons, de voir des éléphants traverser une rivière et de pouvoir faire les trois types de safaris en voitureà pied ou en bateau (il manque juste, pour le moment,montgolfière et ULM).

le point de vue de l'ambassade :

 Le Selous est probablement la plus grande réserve d'Afrique. La réserve tient son nom d'un célèbre capitaine anglais, Frederick Courtney Selous. Il a été enterré dans le parc après sa mort en 1917. Cette réserve abrite le plus grand troupeau d'éléphants, les plus belles antilopes et une diversité d'oiseaux et de reptiles. Le Selous est une réserve unique et la plus « naturelle » des réserves.Meilleure période de juin à février (de Dar Es Salam, compter 7 heures de route ou 35 mn de vol en charter).

 

Écosystème du Selous

Non content de faire plus de 50 000km², le Selous est bordé de zones (plus ou moins) protégées : les deux parcs nationaux de Mikumi au Nord et Udzungwa au Nord-Ouest, la Game Reserve de Kilombero (5300km²)à l'Ouest et huit "Open Area" qui couvrent près de 35 000km². Les Open Areas permettent l'habitation et la chasse par les habitants, les Game Reserve (comme Selous) interdisent le peuplement, seuls sont autorisés les hébergements et la chasse "touristiques". L'ensemble de ces zones protégées constitue ainsi un écosystème du Selous estimé entre au minimum 73 000 et au maximum 92 000 km². Le survol aérien pratiqué en 1989 a permis de donner la valeur (si précise !) de 78 560km² !

La forêt miombo (constituée en grande partie d'arbres du genre Brachystegia, dont le nom swahili est... miombo et d'arbres du genre Julbernadia) couvre près de 75 % de la surface de la réserve. Les autres essences d'arbre sont des genres Dyplorhynchus en sous-bois en zones denses et Combretum, dans les espaces plus ouverts. La forêt présente la particularité d'être grise et comme morte en saison sèche et flamboyante et verdoyante en saison humide ! Elle est régulièrement "dévastée" par les éléphants qui y tracent de larges saignées et y créent des clairières. En fait, leur rôle est écologiquement utile (la nature est bien faite, tant que nous ne lui mettons pas de bâton dans les roues !) car ils permettent aux autres animaux de coloniser la forêt et ils contribuent à ce que celle-ci ne s'auto-étouffe pas et n'épuise pas les sols...Les plaines éparses ont comme graminée dominante Panicum infestum, un nom évocateur, s'pas ? Des incendies naturels se produisent chaque année en fin de saison sèche et touchent les herbes sèches et hautes des plaines inondables, il faut dire que certaines  graminées peuvent monter jusqu'à trois mètres ! Elles sont ainsi, comme la forêt miombo, impénétrables à quiconque n'est pas un éléphant !

Comme la plupart des autres parcs parcourus par une rivière, le Selous comporte des marais, des plaines inondables, mais aussi de nombreux lacs qui correspondent à des bras morts de la Rufiji River. Celle-ci est le plus grand fleuve d'Afrique de l'Est, elle traverse la réserve d'ouest (sud-ouest) en est (nord-est), elle a comme affluents la Great Ruaha River et la Luwego River. Elle passe dans les célèbres Gorges de Steigler qui sont un lieu d'excursion assez habituel. Outre sa large population d'hippos, de crocos et d'oiseaux aquatiques, pêcheurs ou limicoles, elle est riche en poissons et peut donner lieu à d'exotiques parties de pêche. Le contraste entre la rivière Rufiji qui coule toujours, même en saison sèche, et le désert aride qui l'entoure est énorme, les arbres secs qui paraissent morts renaissent en fait avec l'arrivée des pluies en mars et novembre.

Mais ce n'est pas à la pêche qu'est consacrée la plus grande partie de la réserve, mais à la chasse, seulement (sic) 2500 km2au nord de la Rufiji River étaient initialement réservés à la chasse photographique. C'est quand même la superficie du Luxembourg. Mais cette surface a été pratiquement doublée tout dernièrement. Et un autre territoire de 3000 km2au sud de la réserve, Lukula, a aussi été retiré à la chasse et concédé à une compagnie Great Plains, qui visait la conversion de cette zone de chasse au trophée en territoire de chasse photo. Faute de pistes, on y pratiquait surtout safari à pied et en bateau et le succès du projet n'est pas assuré. En 2014 il semble même abandonné, sauf erreur ?